Mélissa Bon – Clip de Blank de son premier EP, AWAY

Mélissa Bon, le Clip de Blank du premier EP, AWAY

Mélissa Bon - Clip de Blank de son premier EP, AWAY

MELISSA BON

PREMIER EP « AWAY »

LA Café / Wagram Music – Sortie le 15 juin 2018

Single 1 « Blank »

EN CONCERT AU POP UP DI LABEL LES 4 ET 8 JUIN

Melissa Bon

Au fin fond des déserts arides, éclosent les fleurs les plus spectaculaires, aux couleurs les plus éclatantes. Et ce n’est qu’après avoir traversé une période sombre de son existence, semblable à un désert intérieur, que Melissa Bon a laissé s’épanouir sa voix de mezzo alto, d’une douceur veloutée et sublime, et cette manière si particulière de la moduler à l’infini en opaques volutes.

Sur sa route artistique, peu de chanteuses ont osé s’aventurer. Et c’est plutôt du côté des hommes, comme James Blake ou Rhye, qu’il faut aller chercher une filiation à ce songwriting poignant et ultra sensible, et cette électronica soul hybride au dépouillement magistral.

Voilà un premier EP qui ressemble à un acte de naissance. Et on a du mal à imaginer que Melissa Bon, 24 ans, ait pu un jour chanter autrement, tant son style sonne juste et s’accorde bien à sa personnalité si tendrement introvertie.

Les deux premières chansons de cet opus fondateur ne sont pas nées par hasard. La beauté genevoise, aux origines franco-suisses et éthiopiennes, parfaitement bilingue français-anglais, les a littéralement « crachées » dans l’avion qui la menait de New York à Paris.

Melissa Bon

A croire qu’un trop plein d’émotions avait fini par fendre l’armure, faire déborder ce cœur meurtri de mots essentiels pour elle, de mélodies organiques effleurant les profondeurs de l’abîme. Une méthode intime qui s’approche d’un exorcisme, d’une thérapie. Car Melissa n’avait alors jamais écrit de chanson, ni vraiment osé, par timidité, parler à quiconque du ressac impétueux de ses pensées. Miracle, car ici, la catharsis touche aussi bien celle qui interprète que celui (ou celle) qui écoute, soudain traversé(e) et séduit(e) par la fulgurante vérité de ce chant.

Avant ce moment, Melissa Bon aura passé le plus clair de ses jeunes années à se chercher. A douze ans, elle s’essaie pendant des heures à imiter Sade ou Beyoncé dans sa chambre, accomplissant sans le savoir la première étape de sa formation musicale.

Puis, à quinze ans, elle est sélectionnée pour intégrer l’association Little Dreams, initiée par Phil Collins, un collectif de chanteurs adolescents se produisant dans des soirées caritatives. De quinze à dix-huit ans, elle apprend ainsi la scène, chantant parfois devant des sommités de la variété internationale comme Natalie Cole, Jermaine Jackson ou Youssou N’Dour, et reprenant Adele ou Melody Gardot devant un public mondain et pas toujours attentif. Intuitivement, elle se rapproche du jazz, se met à écouter Billie Holiday, Nina Simone et Ella Fitzgerald, explore avec bonheur les profondeurs vertigineuses de sa voix unique, capable d’aigus moelleux comme de graves langoureux. Une année d’études dans un centre professionnel de la musique, à Montrouge, vient parfaire son apprentissage.

BLANK, le premier extrait de l’EP, donne un bel aperçu de l’univers planant et ouaté de Mélissa Bon. Premier single BLANK à découvrir :

Puis c’est l’aventure, plus ou moins hasardeuse, de The Voice, que la Suissesse, sans aucun contact dans le milieu musical français, tente à l’aveuglette, recueillant au passage les hommages admiratifs du jury. Elle tâtonne encore. Et il faudra donc un long séjour à New York, où elle se frotte, pour le meilleur et pour le pire, au showbiz américain, pour qu’elle se trouve enfin. Dès lors, tout s’accélère.

De retour à Paris, elle fait la rencontre décisive de Manu Larrouy et Jean-Paul Gonnod, la team de producteurs qui lui concoctent ces arrangements sur mesure et la présentent au génial et singulier pianiste de jazz Alexandre Saada, « inventeur » de la mélodie intérieure. Un concept minimaliste et impressionniste qui s’allie parfaitement aux compositions délicatement hypnotiques de Melissa Bon, et aux étapes sinueuses de son voyage intérieur.

Avec ses notes de piano comme égrenées dans le vide, et ses sons électroniques évoquant imperceptiblement le tic tac obsédant du temps qui passe, « Blank » raconte la page blanche, la mise sur pause avant le grand envol de l’inspiration. Mais le morceau pourrait tout aussi bien signifier autre chose, tant demeure sybillin et élliptique l’univers de l’auteure-compositeure. « Away » sonne comme du Satie futuriste, et la surprend au milieu du gué, entre folie et santé mentale, s’interrogeant douloureusement sur son état.

On est saisi par la grâce spirituelle d’ « Nomad », ce gospel aérien destiné à apaiser les frayeurs de celle qui admet être « lost in translation », comme on murmure une prière face au danger pour se rassurer. Enfin, « One » et ses couleurs sonores chatoyantes sonne à notre oreille comme une renaissance dont la charge émotionnelle nous bouleverse. Il est rare de contempler une floraison dans le désert. C’est pourtant à cet événement unique que ce premier EP de Melissa Bon nous donne l’impression d’assister.

Melissa Bon

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